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La fatigue est-elle une fatalité ?

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Vous rappelez-vous de la dernière fois que vous avez parlé de votre sommeil ? Je parie que c’était soit pour vous dire fatigué/e, soit pour évoquer le faible nombre d’heures de sommeil dont vous sous satisfaisiez.
Que nous le subissions ou affirmions le choisir, nous sommes en manque de sommeil chronique. Être fatigué est devenu une norme : on s’en plaint parfois – ou souvent – mais on continue à l’être comme si c’était une fatalité.

Et pourtant, le sommeil est la plus sous-estimée des bonnes habitudes bénéfiques à notre santé.

Je me rappelle de mes années de lycéenne puis d’étudiante, quand il me fallait me lever très tôt. A une époque je m’étais entraînée à faire décroître le nombre d’heures de sommeil dont j’avais besoin. J’avais lu qu’on pouvait, quart d’heure par quart d’heure, habituer le corps à fonctionner avec moins.
Plus tard j’ai repris goût au sommeil. Il m’a beaucoup manqué quand je devenue maman et qu’il m’a fallu vivre de petite nuits interrompues. J’ai alors entrepris de profiter de chaque moment de calme, des petites siestes qui font du bien.
J’ai appris à observer la différence entre les périodes de repos et celles de fatigue. Quand on a assez dormi chaque aspect de notre vie s’en ressent : la forme, la santé mais aussi la concentration, la bonne humeur. C’est très simple : il n’y a aucun élément de notre vie qui ne puisse s’améliorer en dormant suffisamment.

Revendiquer son besoin de sommeil

Curieusement il est bien accepté socialement de commander une salade plutôt qu’un plat lourd au restaurant parce que l’on fait attention à sa santé ou à sa ligne. Il est très bien vu également de raconter que l’on va courir le dimanche matin ou que l’on s’est abonné dans une salle de sport parce que l’on entretient sa forme. Mais les amis sont davantage surpris quand on refuse une sortie… pour se coucher tôt. Ou que l’on explique ne pas regarder la télévision parce que l’on préfère lire et dormir le soir.
Est-ce un reste de l’adolescence, de cet âge où acquérir le droit de se coucher plus tard rendait fier ? Ou une contagion du monde des décideurs -financiers, politiques, etc-, tous ces gens qui se vantent dans les médias de travailler comme des dingues et ne jamais fermer l’oeil plus de cinq heures ? Dans notre société il est apparemment bien plus in d’être épuisé.
Je crois qu’il faut briser le tabou du sommeil et accepter d’assumer ce besoin non seulement naturel mais vital.
Dormir (assez) est devenue une priorité que je n’ai plus honte de revendiquer.

Identifier ses besoins

Pour vous remettre à dormir assez, commencez par compter vos heures de sommeil et faites des tests pour trouver le bon nombre : celui qui vous permettra de vous réveiller facilement et de vous sentir en forme.
Aujourd’hui je connais mon rythme de croisière : je suis une grosse dormeuse. J’ai besoin de 8 heures de sommeil par nuit, et je ne rechigne pas sur une neuvième le week-end.

Intégrer le sommeil à son agenda

Souvent le sommeil est la variable d’ajustement : on se couche quand on a fini tout ce qu’on a à faire (ainsi que le superflu) et on met son réveil en fonction des impératifs du lendemain… le sommeil dure alors le temps compris entre ces deux bouts.
Pour ma part je me couche de manière à avoir le temps de dormir mes 8 heures avant que mon réveil ne sonne. Lorsque je me lève à 7h30 il me faut donc être endormie à 23h30. Pour cela je me mets au lit 30 minutes à une heure avant, afin d’avoir le temps de lire ou d’écrire. C’est la soirée que je compresse éventuellement, pas mon repos.

Écoutez, parlez

Changez la conversation sur le sommeil dans votre famille et dans votre entourage. Prenez conscience de tous ces moments où l’on entend quelqu’un évoquer sa fatigue, son manque de sommeil et en parler comme si ils étaient inévitables. Ce n’est pas le cas ! Avec les enfants et les adolescents, il est important de parler du sommeil et de véhiculer un message positif : dormir est important pour la croissance et pour la santé en général.
Parce que les mots façonnent notre réalité, il est important de prêter attention à ceux que l’on emploie. Ne vous laissez pas être le témoin constant de la glorification de la fatigue.

Un challenge du sommeil

Le 1er mai est la fête du travail, en souvenir des luttes ouvrières pour obtenir la journée de 8 heures, et à ce titre est férié dans de nombreux pays.
Je vous propose de faire du mois de mai un mois de réappropriation de votre sommeil – cela vous rendra plus efficace dans votre travail mais aussi plus épanoui/e dans l’ensemble de votre vie.

Dès ce grand week-end, tâchez de vous reposer suffisamment et de ne pas vous coucher trop tard. Puis la semaine prochaine, vous pourrez aller au lit plus tôt, petit à petit. Démarrer en ajoutant 15 minutes semaine après semaine n’est pas difficile, d’autant qu’en général on a tendance à traîner le soir – devant des mails, des divertissements Internet ou à la télé. On s’autorise bien davantage à faire un « mauvais » usage de son temps le soir qu’à 10 heures le matin. Aussi, aller se coucher et remettre au lendemain ce que l’on avait l’intention de faire est une bonne idée : on l’accomplira plus vite et plus efficacement.

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