La gratitude dans le chaos ?

gratitude dans le chaos

Eprouvons de la gratitude… pour ce qui le mérite, avec discernement !

Il y a souvent un moment où dans la conversation quelqu’un me jette un regard hésitant, commence avec « j’ai lu un peu ton blog… » (je réprime un sourire parce que je sais bien, oui, que pas mal de gens me connaissant lisent ce blog) et enchaîne par « mais quand-même, ton truc – la gratitude… c’est pas trop positif et exagéré parfois ? ».
Il est alors temps pour moi d’expliquer que je n’ai pas des oeillères optimistes à paillettes et que je ne tends pas perpétuellement la joue gauche en disant merci .

Si ça craint, on ne s’en réjouit pas

Personne n’éprouve un doux sentiment de gratitude du matin au soir, sept jours sur sept. Il y a un certain nombre de situations ou de personnes qui nous mettent en colère, nous déçoivent, nous blessent… Il est inutile et contre-productif de leur en être reconnaissant.e. Cette histoire de joue gauche ? Pour ma part : non merci.
Croire qu’il faudrait voir du positif en tout peut amener à s’égarer.  Alors pour l’éviter, on exerce son esprit critique : si vous traversez une situation difficile et en sortez en entier voire renforcé.e, ne dirigez pas votre gratitude vis-à-vis de la personne qui a créé le problème, mais vers vous-même ou ceux qui vous ont aidé.e. Vous survivez à un traumatisme ? Remerciez-vous, ainsi que vos soutiens plutôt que la personne qui est à l’origine du drame. C’est la métaphore de l’accident sur l’autoroute : on survit grâce au freinage ou à l’airbag, pas au chauffard devant… alors on ne lui dit pas merci. (On peut lui pardonner mais c’est autre chose).
Nos pensées, notamment répétées, transforment nos circuits cérébraux. Ne devenons pas des réceptacles à problèmes sous prétexte qu’ils nous  aideraient à grandir.

Le choix de la gratitude

Cultiver la gratitude face aux joies et aux bonheurs de l’existence permet de les remarquer (au lieu de passer à côté) et en focalisant notre attention dessus de les renforcer.
Suite à un sale coup de la vie j’ai depuis quelques temps un « déjeuner du vendredi » que je n’avais pas avant. Pratiquer la gratitude m’a amenée à observer que ces rendez-vous me procurent beaucoup de joie… sans cela, je n’aurais pas forcément pris la peine de les sanctuariser et ils auraient parfois eu lieu, parfois pas. C’est la gratitude consciente : on observe, on comprend et on agit !

Gratitude ou pas ?

On traverse tous des situations pourries, j’en ai eu mon lot aussi. Et non je n’éprouve pas de gratitude pour tel choix professionnel qui s’est avéré une erreur, pour telle relation stupide dans laquelle je me suis fourvoyée, pour l’absence d’anticipation de certaines difficultés, pour le stress auquel je suis parfois confrontée. En revanche… je me réjouis de désormais mieux me connaître ; je savoure l’exigence qui est la mienne désormais face aux êtres humains auxquels j’ouvre mon coeur ; je me trouve grandie d’avoir surmonté tâtonnements, essais, échecs et rebondissements ; je suis très reconnaissante à mes ami.e.s et à leur importance dans ma vie.
Lorsqu’au final on ne « regrette rien » c’est parce que l’on peut remercier sa résilience, son courage, sa persévérance. Parfois une liste de gratitude nocturne ressemble à « j’ai réussi à me lever, je suis sortie de chez moi et j’ai reçu un texto sympa ». Mais ces jours-là préparent à des joies plus grandes, plus funky  (appelez-les comme vous voulez) et à ce titre méritent eux-aussi notre reconnaissance !

Tout ne se passe pas comme vous le voudriez dans votre vie actuellement ? Comment parvenez-vous à transformer le plomb en or ? De quels éléments internes ou externes pouvez-vous vous réjouir ?

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