Avoir un mode de vie « différent »

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Vous êtes végétariens ou vous mangez exclusivement bio. Vous avez renoncé à la voiture pour vous déplacer en vélo. Vous préparez vous-même vos yaourts ou vos cosmétiques. Vous enchaînez les stages de yoga ou partez régulièrement en retraite de méditation. Vous passez pour l’hurluberlu de service dans votre famille, à votre travail ou auprès de vos amis.

Ça vous parle ? Moi, oui ! On est beaucoup à entendre régulièrement des remarques au mieux amusées et taquines, au pire suspicieuses ou critiques. Il n’est pas toujours facile d’être « différentE » dans un entourage qui n’évolue pas de la même manière. Et vous me demandez parfois comment assumer vos changements.

Il peut être compliqué pour nos proches de nous voir remettre en cause des valeurs ou des habitudes qui sont les leurs. Nos choix les amènent à se poser des questions, qu’ils en soient conscients ou non, et à se positionner soit dans la tradition et la continuité de ce qu’ils connaissent, soit à envisager d’évoluer eux aussi.
Que nos différences touchent à l’alimentation, aux loisirs (rapport à la société de consommation et aux médias), à la santé, elles ne sont jamais neutres. Et quand il s’agit de spiritualité ou d’éducation des enfants, le choc culturel peut être encore renforcé par le fait que l’on touche à des valeurs très ancrées, à l’identité profonde du groupe.

Alors comment oser et comment s’assumer quand on n’est pas forcément sûrE de soi ?
Comment avoir confiance en soi et être indifférentE aux remarques ?
Comment cohabiter avec celles et ceux dont les habitudes sont loin des nôtres ?

Quand nos choix sont critiqués…

Il s’agit tout d’abord de tolérance et de respect mutuel. Et ensuite de patience…
Vous allez certainement devoir expliquer à de nombreuses reprises, et avoir l’impression de vous justifier. Vous allez répondre à des remarques bêtes (ah, le cri de la carotte) ou corriger des idées fausses. Parfois regretter de ne pas avoir la paix.
Mais vous pouvez vous consoler en considérant que les explications données sont comme des petites graines semées. Elles ne convainquent pas systématiquement (et ce n’est pas le but), mais ce que l’on dit 20, 50 ou 100 fois finit par laisser des traces. Dans quelques années votre collègue aussi mangera bio ou votre belle-soeur se mettra à la gratitude.

Lorsque l’entourage est critique et désagréable, on peut faire le choix de refuser de se justifier sans cesse. Déclarer des sujets clos pour ne pas subir les critiques et préserver la paix relationnelle. C’est dommage mais il faut se rappeler qu’on ne peut forcer les autres à avancer sur le même chemin que nous et au même rythme. Le respect c’est aussi le nôtre vis-à-vis de ceux qui décident, plus ou moins consciemment, de ne pas faire autrement. Renoncer au prosélytisme, même si c’est « pour leur bien » c’est alors honorer leur liberté. Ce qu’on leur demande aussi donc…

Et si on aime en parler ?

Je crois que la meilleure manière de montrer l’exemple et de susciter des transformations consiste à être soi-même. A oser rayonner de nos différences. Je parle de gratitude et de méditation quand on me demande pourquoi et comment je suis SI heureuse. J’explique les smoothies verts et le 100% bio quand on m’interroge sur ma bonne santé. Je raconte le « parentage proximal » aux parents qui admirent l’équilibre de mon fils.
Dans ces moments là on ne cherche pas à convaincre mais on partage nos réussites et on donne l’opportunité aux autres de vouloir essayer un parcours alternatif. C’est selon moi toujours source d’enrichissement mutuel et de belles discussions quand on parvient à susciter une curiosité bienveillante et à donner envie.

L’envie est le vrai moteur.

J’en suis persuadée depuis longtemps et je le mets en pratique dans mon militantisme aussi. On ne convainc pas par la peur ou par le reproche. L’écologie punitive qui fait la morale ne fonctionne pas. Mais celle qui propose, montre des voies plus simples, plus économiques, plus saines, est bien plus écoutée.
L’exemple parfait se trouve dans la cuisine : faire la leçon aux omnivores n’est pas très efficace tandis que les séduire à coups de petits plats végétariens est une arme redoutable.

Gourmandise, épanouissement, plaisir, sérénité, bonheur, joie… c’est en faisant envie que l’on deviendra majoritaires un jour, nous les bizarres !

%réponses% à Avoir un mode de vie « différent »

  1. Très bel article, c’est vrai que nous les bizarres (j’adore l’expression) sommes souvent mal compris et jugés. Mais quel bonheur quand on nous demande quel crème nous mettons pour avoir une si belle peau : l’oreal? Nivea? Non non du cosmetique maison. Ou qu’on nous demande la recette de notre gâteau sans gluten et sans lactose!

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