La dépression saisonnière

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La dépression saisonnière est-elle passée par vous ? 

Tout a commencé vers mi-octobre : j’étais fatiguée, je dormais davantage mais sans me sentir reposée pour autant, et j’avais envie de manger des gratins de pâtes (pleins de gluten) en restant au chaud sous la couette. Les journées sont devenues des semaines et j’ai mis un peu de temps à comprendre ce qui se passait. Quand on m’a parlé de dépression j’ai pouffé : non seulement je tiens un blog qui traite de bien-être et de bonheur donc vraiment-ça-ne-va-pas-être-possible, et concrètement je ne me sentais ni dépressive ni même déprimée. Certes j’avais davantage envie de rester chez moi que de voir du monde, mais ça arrive quand on a beaucoup de travail, des hobbies et une vie intérieure riche, non ?
Néanmoins après quelques recherches, j’ai ravalé ma fierté : la dépression saisonnière ou trouble affectif saisonnier (le blues de l’hiver) ça arrive aussi quand on est heureuse.

Ses causes
La déprime / dépression saisonnière est un trouble lié au changement de saison et plus spécifiquement à la baisse de l’intensité lumineuse qui accompagne l’entrée dans l’hiver. Les symptômes peuvent être modérés (fatigue, nervosité, baisse d’appétit) et on parle alors de déprime saisonnière mais lorsqu’ils ne sont pas pris en compte ils peuvent s’aggraver et une véritable dépression s’installe alors plusieurs longs mois.

Comment l’identifier
Si vous n’êtes « pas bien », le mieux est d’en parler à votre médecin. Le trouble affectif saisonnier n’est pas évident à diagnostiquer soi-même. Pour ma part je me situais plutôt du côté de l’hypersomnie et de l’appétit décuplé. J’ai tenté de résoudre ma fatigue en dormant jusqu’à 10 heures par nuit et mon manque de tonus en m’octroyant des petits plats très comfort food (gratin de ravioles et tourte au reblochon sont mes faiblesses hivernales).
Une prise de sang permet de confirmer la carence en vitamine D – extrêmement fréquente dans nos latitudes car elle est sécrétée sous l’action des rayonnements UVB de la lumière – et éventuellement de réaliser un bilan plus complet. Votre médecin pourra alors vous prescrire de la vitamine D.
(La vitamine D est particulièrement importante pour prévenir l’ostéoporose mais aussi lorsque l’on soigne diabète et cancers qui ont tendance à la voir chuter. Si vous êtes atteints de l’une de ces pathologies, faites des contrôles. On en donne aussi presque systématiquement aux bébés et jeunes enfants pour éviter le rachitisme.)

Que faire ?

Des vitamines.
Vitamines, minéraux, acides gras… ré-équilibrer les apports alimentaires et les compléter sera la première étape indispensable.
La première chose à faire est de traiter le mal à la source et de prendre de la vitamine D pour combler ses carences. Un complément en oméga3 est généralement nécessaire également – pour ma part c’est un point auquel je veille déjà dans mon alimentation habituelle.
J’ai choisi en revanche de faire aussi une cure de deux mois de magnésium (ampoules de magnésium d’origine marine, qui sera mieux absorbé par l’organisme que les comprimés de synthèse).

Du sommeil.
En hiver il est plus que jamais nécessaire de dormir suffisamment, c’est-à-dire 7 à 8 heures par nuit toutes les nuits. Si vous n’avez pas l’habitude de dormir autant, avancez l’heure de votre coucher, éteignez les écrans autour de vous au moins une heure avant de dormir, évitez les excitants en fin de journée. Ajoutez une petite sieste ou un bout de grasse matinée le week-end si besoin.

Des sorties.
Même si vous passez à la vitamine D, il est indispensable pour l’équilibre physique et émotionnel de passer du temps dehors, chaque jour (on inclut le dimanche donc) et ce malgré la pluie ou le froid. La lumière passe à travers les nuages et en 15 minutes par jour vous bénéficiez de l’exposition minimale pour encourager la production de dopamine et de sérotonine (régulant le rythme du corps sur 24h, dit rythme circadien), deux neuro-transmetteurs essentiels.

De l’exercice.
Il est important de se dépenser et de ne pas arrêter le sport dès que le thermostat passe en-dessous des 15 degrés (comme j’avais tendance à le faire avec la course à pied). On se couvre et on bouge ! Marche, vélo, course se pratiquent partout au moment qui vous convient. Si vous êtes inscrits à une activité sportive ou dans une salle de sport, ne séchez pas vos entraînements. Et n’hésitez pas à ajouter un peu de yoga ou de gym d’intérieur si vous préférez le vélo d’appartement ou l’aérobic de salon.
En bougeant on oxygène son corps, on stimule les circulations sanguine et lymphatique.

De la nourriture saine.
Si vous mangez des plats réconfortants n’oubliez pas pour autant de faire le plein de fruits et légumes. Les légumes verts notamment sont essentiels à l’organisme et on trouve en ce moment de superbes blettes et épinards, ainsi que tous les légumes nécessaires à de délicieuses soupes hivernales. Trois basiques rapides à la maison : velouté de cèpes, soupe au potimarron, et une classique carottes – pommes de terre – poireaux relevée au curry.
Les fruits sont moins nombreux qu’en été mais se mangent aussi en version comfort food : pensez à la compote maison de pommes à la cannelle plutôt que mousse au chocolat pour votre dessert, et ajoutez des poires en morceaux dans vos grandes salades (mon hit du moment : lentilles – tofu fumé – poires – raisins secs – roquefort). Pensez aux jus et aux smoothies, une façon simple et sûre de consommer les fruits et légumes dont on a besoin.

Luminothérapie.
Je ne l’ai pas testée mais je connais plusieurs personnes qui ne jurent que par leur lampe. Je serais assez curieuse de m’y essayer, peut-être à l’automne prochain en prévention pour voir si cela m’aide à éviter la déprime version 2015.
Si vous pratiquez la luminothérapie, votre avis m’intéresse !

Et ensuite…
Je considère que le corps « parle » et que nos états sont toujours signifiants. Alors se soigner, évidemment, mais que cela n’empêche pas de s’écouter avec bienveillance. Sortir courir le matin à la lumière du jour donc, mais ne pas se culpabiliser de vouloir hiberner le soir. Les changements de saison ont cette particularité d’être aussi des moments de transition pour nous : on est beaucoup à se sentir véritablement renaître au printemps.
Comme me le disait une amie : observe la nature. Les arbres finissent de perdre leurs feuilles et vont passer l’hiver nus avant de redevenir verts et joufflus. Certains animaux entrent dans leurs terriers pour quelques mois. Le cycle des saisons nous influence aussi même si nos sociétés vivent à contre-courant (changement d’heure, travail l’hiver et repos estival…). Vivre un grand calme voire un grand vide l’hiver c’est aussi laisser la possibilité à un beau printemps d’émerger.

One Response to La dépression saisonnière

  1. Ton article tombe à point. Je me disais que non vraiment j’exagère et que je suis une petite nature. Rien à changer dans mon rythme de vie et je suis fatiguée, je chope tout ce qui passe, j’ai qu’une envie dormir, rester à la maison à lire ou regarder des films le tout en buvant des infusions au miel. 🙂 une cure de vitamines s’impose!

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