Peur ou intuition ?

seoul

 

Je suis la première à dire qu’il faut écouter son intuition. Mais quand la petite voix intérieure est négative, que faire ? Faut-il écouter le cours, Forrest, cours ou bien rester et s’accrocher ? Comment faire la différence entre la peur, parfois légitime mais à dépasser, et l’intuition juste ?

J’ai beaucoup gambergé sur le sujet récemment. Si mon intuition est fréquemment juste, voire très ou trop, il m’arrive aussi d’être confrontée à la peur. La peur indique souvent que l’on navigue hors de sa « zone de confort » et c’est plutôt une bonne chose. Il y a des situations, des opportunités, des rencontres qui effraient au premier abord tant elles recèlent de possibles. Qu’on les aborde noué de peur ou que l’on sache naviguer avec cette dernière pour en faire une alliée, les situations-à-peur s’avèrent souvent riches. Vous connaissez cette citation : ce n’est pas l’échec qui nous effraie, mais la réussite, notre lumière et notre potentiel. La peur me donne envie de rentrer dans un trou de souris, de dire non et de regarder ce qui se passe, de loin à l’abri, sans risque. La peur me donne envie de refuser les possibles, car « on ne sait jamais » et de vivre petitement. Mais quand je la dépasse je suis fière. Quand je vais au-delà de ma peur, je suis heureuse et souvent dès le moment où je décide d’ouvrir mes ailes. Cet instant où l’on décide ok j’ai peur mais… est tellement plein de possibilités, tellement libérateur qu’il en devient un frisson plus puissant que celui de l’anxiété.

On différencie la peur de l’intuition en interrogeant sa liberté et son ressenti. J’ai eu peur récemment d’un voyage que je devais faire. Il me paraissait trop. Trop grand, trop plein d’enjeux, trop peuplé de gens trop sérieux, trop brillants, et je savais que j’allais devoir y intervenir longuement devant un public trop qualifié et exigeant à mon goût.  J’ai essayé de me connecter profondément à mon ressenti. Lorsque je réfléchissais ou évoquais ce possible séjour, c’était pourtant avec un ressenti physique d’ouverture : je n’avais pas envie de me replier sur moi mais je me sentais m’ouvrir. Vous arrive-t-il de fermer les yeux et de vous sentir en expansion avec quelque chose qui vient du coeur vers l’extérieur ? Malgré la peur, légitime parfois, c’est le corps qui valide l’appel de l’expérience,  comme en déployant des petites ailes.

A l’opposé,  l’intuition négative qui déconseille quelque chose est selon moi vécue comme un refus : le corps dit clairement non. En apprenant à s’écouter,  on parvient à distinguer les deux ressentis et à savoir ce qu’il convient de faire. Certaines situations, certaines personnes, mettent mal à l’aise et donnent envie de fuir. Parfois on sait que l’on n’est pas à sa place, on sait qu’il ne fait pas écouter tel conseil, qu’il y a quelque chose qui pour nous ne colle pas. Il faut savoir écouter son intuition pour ne pas s’imposer ce qui est inutile ou source de mal-être.

Pour ma part, j’ai eu cette fois l’intuition qu’il me fallait accepter et dépasser ma peur. Je l’ai écoutée et soignée grâce à des conseils de gestion du stress. Et ce bout de peur me qui restait, je suis partie en l’emmenant sous le bras, comme on me l’avait conseillé, sans chercher à le faire disparaître à tout prix. Cela fait parfois du bien d’assumer sa spontanéité et sa vulnérabilité, comme des preuves d’humanité authentique.

Ma peur fut pour moi une source d’énergie précieuse, comme tout ce qui est mouvement, et une grande chance, car j’ai vécu quelques jours particulièrement connectée et en présence. C’est ainsi que l’on fait les bons choix, les bonnes rencontres, que l’on avance avec le flux de la vie sans résistance.

J’ai vécu non seulement un chouette voyage, mais je sais qu’il a altéré durablement quelque chose en moi. Plus tout à fait la même, ni tout à fait une autre.

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