Récit : ma première retraite de méditation

planning-meditation

 

J’avais découvert la méditation grâce à David Servan-Schreiber, il y a deux ans, en lisant Anticancer, un livre qui m’a beaucoup appris. La méditation de pleine conscience, ou mindfulness, y est présentée avec une approche scientifique et médicale intéressante.

 

Attirée et sentant qu’il y avait là quelque chose pour moi, je m’étais ensuite essayée, parfois, à méditer… sans grande appétence ni facilité j’avoue.

 

Mon chemin vers la méditation s’est accéléré au printemps de l’année dernière. Je m’y suis remise, un peu plus régulièrement, sans bien savoir ce que j’essayais de faire, et je me suis inscrite en juin à une retraite. Éperdue d’envie d’aller dans cette direction, je sentais confusément à nouveau qu’il y avait là quelque chose pour moi. En trois clics j’avais trouvé des adresses, l’une d’elles collait parfaitement : date, lieu, école de méditation. Il fallait que je le fasse.

 

Le grand plongeon

Je suis partie passer une semaine dans le Vercors, pour une retraite organisée par l’association suisse Vimalakirti, avec un couple d’enseignants extraordinaires, Charles et Patricia Genoud, dont j’ai continué à suivre les enseignements de méditation Vipassana depuis. Le programme d’une retraite est simple : on se lève à 6h, on se couche à 22h, et au milieu on alterne méditations assises et méditations marchées.

 

Partir d’emblée pour une semaine de silence total, sept journées de longues assises de méditation, c’est un peu hardcore. Se retrouver face à soi-même, à ruminer un flot incessant de pensées, heure après heure, sans échappatoire possible, c’est une forme d’épreuve… mais aussi une grande libération.

 

Lors de cette expérience, deux choses m’ont frappée très rapidement.

 

La première c’était le temps. Comme il passait lentement ! C’était interminable pour moi les premiers jours. Certaines « assises » duraient 30 minutes, d’autres 45, et je ne voyais jamais le bout de ces dernières. J’avais fini par additionner mentalement le nombre d’assises que totalisait la semaine et je les barrais intérieurement une à une, au fur et à mesure. Quelle joie le mercredi en réalisant que j’avais passé la moitié du séjour…

 

Car l’autre réalisation stupéfiante, déroutante et déplaisante, c’est les pensées. Je n’avais pas conscience d’être traversée par autant de pensées, constamment, sans interruption, de manière répétitive, souvent négative, parfois franchement douloureuse. Partir pour une retraite de méditation à un moment compliqué de sa vie, cela revient à s’asseoir de nombreuses heures avec ses problèmes, sans distraction possible, sans autre échappatoire que se les prendre violemment dans la figure. J’espérais quand-même que l’expérience serait cool, un peu zen et new age. Et bien non. Ce fut difficile, éprouvant mais sans aucun doute la semaine la plus enrichissante de ma vie.

 

J’y ai appris à reconnaître les « méditants » les plus anciens ou aguerris. Nous vivions en silence, sans communiquer les uns avec les autres, mais certains irradiaient particulièrement. Ce sourire paisible que l’on observe sur le visage de grands sages ou de simples moines, cette présence qui frappe quand on est face à quelqu’un qui est simplement « là », dans l’instant. Ils l’avaient.

Lorsque nous avons pu parler, le dernier soir précédant notre sortie, certains m’ont révélé que pour eux aussi, c’était parfois difficile et long. Mais tous m’ont confirmé leur joie profonde d’avoir, récemment ou bien longtemps auparavant, découvert la méditation et les transformations intérieures qu’elle permet.

 

Je me rappelle être sortie en ayant envie d’y retourner, en sachant que je le ferai. J’avais découvert quelque chose qui n’avait rien de révolutionnaire, rien de new age, qui ne me donnait pas les clés du bonheur ou du bien-être. Mieux que cela, la méditation m’a donné les clés de moi-même.

 

Ces longues heures face à soi, je les ai renouvelées depuis, à l’automne suivant puis en ce moment même, et je pratique à peu près tous les jours à la maison, de façon éclectique.

Je pense qu’une retraite de méditation est une expérience parmi les plus riches qui puisse exister. L’intensité de la pratique à laquelle on consacre plusieurs journées entières, sans aucune distraction, permet d’atteindre une profondeur et une clarté que je considère uniques. L’énergie d’un groupe de méditants est par ailleurs très porteuse, et belle lorsque l’on est sensible (y compris de façon très laïque) aux atmosphères rituelles et spirituelles, ce qui est mon cas.

 

Lorsque l’on n’a pas le temps ou la possibilité de participer à une retraite de plusieurs jours, on peut s’essayer à pratiquer dans un centre : nombreux sont ceux qui organisent des soirées ou des week-ends de méditation. N’ayez crainte de tomber dans une secte, comme on me l’a demandé récemment : les centres bouddhistes tibétains ou zens ont généralement en commun de pratiquer des tarifs très modérés (de simple participation aux frais du lieu) et d’être animés par des enseignants dont l’humilité simple n’a d’égard que l’intelligence et l’envie de transmettre. Ce sont les signes d’une démarche honnête et altruiste en laquelle vous pouvez avoir toute confiance, en suivant l’intuition qui vous guidera vers les écoles et les pratiques qui vous correspondront le mieux.

 

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le ! Et n’hésitez pas à me contacter pour échanger sur les lieux ou les enseignants que vous serez amenés à approcher.

Désolé, les commentaires sont fermés pour cet article.